
Le dernier week end d'août était le coup d'envoi des vacances de Tonio. Des vacances plus que méritées après deux ans à supporter les faux alcolos du dimanche, les vrais poivrots de la semaine, les clients perdus du samedi, ceux qui ne sortent casser la croute dans un rade que le samedi, et pas un autre jour, et surement pas le dimanche, parce que le dimanche, en plus d'être le jour du seigneur et du gigot flagolets, pour ces gens-là et ceux-là seulement, c'est le jour où on prend sa voiture pour se perdre et polluer Paris a coup de CO2 et de coups de klaxons. Deux ans donc, à remplir les verres des âmes perdues de Châtelet, à les écouter vider leurs sacs en se demandant si la France ira mieux demain parce que de toute façon y'aura bientôt plus de pétrole et que Bush est en fait le demi-frère de Ben Laden ! Ah si!!! c'est vrai !! je le tiens de mon beauf qui bosse à la cantine du Figaro... Stop ! je noircis un peu le tableau ; bosser au P'tit Chat ces deux deux dernières années, ce fut surtout des tranches de rires inoubliables, des rencontres enrichissantes qui se sont transformées en belles amitiés, des sous aussi parce que le boucher ne vous donne pas un steak quand vous lui présenter un nouvel ami, et des "deep conversations" arrosées de HHHHHHeineken, bercées par le Jazz du Baiser Salé jusqu'au petit matin...ah oui, et un peu d'amour aussi, mais ça, il n'y a que les murs du bar pour en parler...
Bref, je m'égare Edgar...Le dernier week end d'août ouvrait donc les Trois semaines de farniente tant attendues par le père Antoine. Coup de bol monstrueux, facéties des astres, complot des manitous oh combien puissants de l'industrie du calendrier, le Carnaval de Notting Hill tombait cette année le même week end. Mais qu'est ce donc que le Carnaval de Notting Hill me direz-vous ? (sisi, dites meuh leuh, sinon je n'ai plus qu'à coller trois photos et zou on n'en parle plus !).
la Carnaval de Notting Hill, ce n'est pas le rassemblement du fan club de Robin des Bois. Je dis ça pour les doux rêveurs et les torturés du cerveau qui, comme moi, pourrait imaginer un quelconque lien entre entre Notting Hill et un Sheriff mégalo et très très méchant. N'en déplaise aux adolescentes qui sommeillent en chacune de nous, la star de ce carnaval est loin de ressembler a un Kevin Costner au top de sa forme dans un p'tit collant moulant. L'histoire de ce festival est en fait bien plus fascinante.
Le Carnaval de Notting Hill, c'est avant tout le plus grand carnaval d'Europe, le deuxième du monde après celui de Rio de Janeiro. L'origine de ce Carnaval, bien qu'aujourd'hui tout le monde parle de carnaval jamaîcain, se trouve sur l'ile de Trinidad. En 1833, quand les esclaves noires se libérèrent de leurs maîtres, ils envahirent les rues pour danser, chanter et jouer de la musique, choses qui leur étaient interdites, et tout ca jusqu'au bout de la nuit, en multipliant calambours et facéties envers leurs maîtres. Et ainsi naquis la tradition du Carnaval dans les Caraïbes : célébrer la libération du peuple noire en parodiant les fêtes "olé olé" des anciens colons !!!
Et voila pour Trinidad ! et Pour Londres alors ???? eh bien c'est un peu moins vieux mais tout aussi chargé de sens. A la fin des années 50, des tensions ont commencés à apparaître entre les différentes minorités ethniques et les anglais. Les Caraibéens eurent la bonne idée d'organiser des dancehalls gratuits, pour rassembler les différentes minorités dans les quartiers nord de Londres, et de nombreux steelbands (des gros orchestres de percussions) commencèrent à se former et jouer tous les dimanches devant les pubs. Jusqu'en 1964, où une assistante sociale eu la bonne idée d'étendre, le temps d'un week-end, ces petites fêtes entre caraïbéens à tout le quartier de Notting Hill afin de rapprocher les blancs et les noirs...et ca continue aujourd'hui, avec toujours d'oublier les différences et de faire la fête tous ensemble !!!! Youpi !!!!!
Pendant 2 jours, Notting Hill, petit quartier BoBo dont les trottoirs sont bordés de BM, Mercedes et autres Aston Martin, est envahi par 600000 personnes et vit au rythme des Caraïbes.
A chaque coin de rues, des murs d'enceintes crache du reggae, du ragga, du Calypso, et tout ce qui peut dériver de ces musiques, du drum'n'bass à la jungle, en passant par le Hip Hop.

Le tout arrosé de Red Stripe, la bière jamaïcaine par excellence, de Jerk food, la spécialité jamaïcaine, et parfumé à la Marie Jeanne, en vente libre le temps d'un week end !

Et biensur, traversant ce joyeux "dance hall-barbecue", la grande parade des costumes qui défile au rythme des steelbands

Tout ça, sans un seul incident !!!! tout le monde boit, danse, fume, jusqu'à la tombée de la nuit, mais pas un seul incident. Et la Police ? elle est partout biensur, mais à aucun moment on ne se sent oppresser. Les bobbies sont loin de ressembler à nos gentils CRS en panoplie de Robocop, et ils on ttous le sourire !!! ils rallument même votre pétard si vous avez plus de feu !!! bref, après quelques cannettes et quelques joints, vous vous demander même si finalement ils ne font pas partie de la parade avec leurs jolis uniformes !!!

Vraiment une expérience fabuleuse, à vivre et à revivre. Alors amigos, gardez bien au chaud vos sifflets et vos tee shirts I love bob, et rendez vous l'année prochaine à Londres !!!
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